panneau abri de defense passive

Abris de défense passive anti-bombardement à Paris, histoire et inventaire d’un patrimoine souterrain

Brève histoire et synthèse des abris parisiens


Sous les rues de Paris se cache un patrimoine souvent méconnu : des abris autrefois voués à protéger les Parisiens des menaces de la guerre. Alors que les tensions montaient dans les années 1930, la ville s’est préparée à l’éventualité d’une guerre totale.

Nous explorerons brievement l’origine et la mise en place de la défense passive, les types d’abris conçus pour protéger les habitants et l’utilisation de ces abris pendant la Seconde Guerre mondiale. Enfin, nous verrons comment la Guerre froide a modifié cette défense, avec l’apparition des abris atomiques, et nous réfléchirons à l’héritage mémoriel de ces lieux aujourd’hui.

décontamination abri sous paris et grosse porte blindée en métal
Sas de décontamination d’un abri sous Paris

Pour comprendre l’importance et l’intérêt de la défense passive, il faut revenir aux traumatismes laissés par le conflit précédent. Les premiers bombardements de Paris remontent à la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Le 17 septembre 1870, Paris est encerclée par les troupes allemandes, qui entament un siège. Malgré les difficultés, les Parisiens résistent. Face à cette résistance, les Prussiens décident d’augmenter la pression en bombardant la ville à partir de janvier 1871 depuis les hauteurs de Châtillon et de Meudon.1 La quasi-totalité des obus s’abat alors sur la rive gauche, particulièrement dans le 5e. 2 Dans ce contexte, une première réponse administrative apparaît : le maire de l’arrondissement prend l’initiative d’organiser la solidarité en ordonnant aux Parisiens de laisser leurs immeubles ouverts la nuit pour que les passants puissent se protéger. 3
La crypte du Panthéon, lieu souterrain privilégié par l’épaisseur de ses voûtes, est également transformée en abri pour les habitants cherchant à échapper aux bombes et aux éclats. 4

Lors de la Première Guerre mondiale, pour la première fois, le ciel lui-même devient une menace : les premiers bombardements aériens frappent Paris, d’abord par les zeppelins allemands puis par des avions comme le Gotha G ou les fameux Taube.5 Ces attaques, bien que limitées et plutôt destinées à saper le moral des populations sans but militaire stratégique, créent un choc profond. Pire : en 1918, des bombardements par canon, beaucoup plus meurtriers, frappent la capitale. En mars 1918, un obus tiré depuis le Pariser Kanonen situé en forêt de Compiègne touche la nef de l’église Saint-Gervais, remplie en pleine semaine sainte, détruisant plusieurs voûtes et occasionnant 91 décès. 6 Les civils se retrouvent directement menacés, les bombardements font plusieurs centaines de morts7, loin des lignes de front, et les Parisiens réalisent que leur ville peut devenir une cible.8 Même si les dégâts restent faibles comparés à d’autres villes européennes près des lignes de front, entièrement rasées comme Ypres, cette première expérience de la guerre aérienne marque les esprits. On comprend que les technologies de guerre évoluent rapidement et que les villes devront se préparer pour affronter ces nouvelles menaces.

N’imaginant pas une guerre moderne proche de Paris, il n’existe aucune infrastructure particulière dédiée à la protection des civils au début de ce conflit, même si, dès les premiers bombardements, les Parisiens se cachent dans les caves dont les entrées sont indiquées par des panneaux « abri », et que certains lieux sont vite décrétés abris par exemple le métro, nouveauté depuis la guerre précédente.9

Construction des abris (1927-1939)

Désormais, la classe dirigeante sait qu’il faut prévoir des mesures pour protéger les populations urbaines face à une guerre qui pourrait frapper n’importe où. 10Les années 1920 et 1930 voient émerger une nouvelle théorie effrayante : celle de la guerre totale aérochimique. Certains stratèges militaires théorisent que l’aviation pourrait être utilisée pour des attaques massives sur les populations civiles11, en visant à détruire leur moral mais également, pour les capitales, à détruire tout l’appareil administratif et dirigeant d’un pays. Douhet, par exemple, imagine des villes entières plongées dans la terreur, sous des vagues de bombardements et des nuages de gaz, les membres de l’Assemblée cachés en haut de la tour Eiffel à l’abri des nappes toxiques. 12 La conférence de Bruxelles de 1928 prescrit un nombre maximal de douze personnes par abri. Cependant, le commandant des sapeurs-pompiers de Paris en voit déjà les limites théoriques et indique que les frais d’installation, à ces faibles taux, qui impliqueraient la construction d’un nombre très important d’abris, dépassent les ressources nationales ainsi que les moyens d’exécution.13 Cette analyse laisse déjà présager que les abris construits dans les années 1930 compteront souvent des centaines de places, parfois même des milliers.14

Bien des instructions et guides fussent créés en 1923 et 1927, hormis quelques initiatives privées, rien n’est fait pendant plusieurs années.15 Parmi ces initiatives privées, on peut citer certains abris étanches créés pour des compagnies qui tentent d’innover, comme près de la place de la Madeleine : une entreprise de transport y aménage un abri très particulier avec des ventilations de type sous-marin et un escalier remontant jusqu’au 7e étage pour voir au-dessus de la nappe de gaz, plus lourde que l’air. 16

Pour voir les premiers abris construits pour l’administration, il faut attendre plus tard, à la même époque que les premiers ouvrages de la ligne Maginot. Ceux-ci sont étanches aux gaz. En 1932, a priori et selon l’état actuel de la recherche, on construit le premier poste de commandement étanche aux gaz à Paris. C’est un gigantesque abri sur deux étages pour les militaires, dédié à la réception des informations des postes de guet pour les avions ennemis en banlieue et plus loin, ce qui permet d’informer les populations via un système de sirènes d’alerte. 17 S’en suivant une pause de plusieurs années sans construction d’abris de commandement, reprise vers 1936.18 On voit d’ailleurs que c’est un abri primitif : ses filtres ne sont pas ceux habituellement utilisés pour les abris parisiens, mais ceux des fortifications Maginot de l’est de la France. 19

amicale abri de defense passive
Salle de commandement du premier abri parisien, à noter que cette salle est postérieure à la création de l’abri.

Hitler est nommé chancelier en 1933 en Allemagne. En 1935, cette menace commence à être prise très au sérieux par l’État français20, qui adopte une loi imposant des mesures de défense passive pour protéger les civils.21 Cette loi marque le début de la construction d’abris dans les grandes villes, avec Paris en priorité. On prévoit également un plan d’évacuation de la capitale pour les civils non essentiels.22 La loi de 1935 confie à la Préfecture de police de Paris la responsabilité de coordonner les actions de défense passive dans la capitale. 23

Le Secrétariat général permanent de la Défense passive s’installe rue du Cloître-Notre-Dame, sur l’Île de la Cité (un abri « économique » sera construit dans les sous-sols). Cette organisation implique des investissements conséquents pour construire et aménager des abris. À Paris, le gouvernement, la municipalité et les propriétaires de bâtiments doivent travailler ensemble pour répondre aux obligations de la loi. Mais les coûts de construction sont élevés, et il devient clair que le financement de la défense passive posera des problèmes. Les propriétaires d’immeubles sont appelés à renforcer les caves de leurs bâtiments, mais beaucoup rechignent face aux coûts. La Préfecture de police établit des plans pour organiser des abris publics dans certaines stations de métro et dans les carrières souterraines, afin de s’assurer que les Parisiens puissent trouver un refuge lors d’une alerte.24

Voyons maintenant la typologie et l’aménagement des abris de défense passive à Paris. Il faut distinguer plusieurs types d’abris.

Commençons par les abris pour les civils.

Il faut comprendre que, faute de budget, tous les abris ne pouvaient pas être étanches aux gaz et que l’écrasante majorité des abris parisiens ne l’étaient pas. Les services de la defense passive ont donc distribués en nombre des masques à gaz à la population, un par personne.25 Paris était subdivisée en îlots, c’est-à-dire des pâtés de maisons entourés de quatre rues, avec leur chef d’îlot de la défense passive26 chargé à la fois de vérifier l’ordre et la descente aux abris en cas d’alerte, mais aussi, en temps normal, de vérifier que les lumières étaient bien calfeutrées la nuit pour éviter de faciliter le repérage des sites de largage des bombardiers. Chaque abri avait lui-même son propre chef d’abri. 27

Plusieurs dizaines de milliers caves parisiennes sont renforcées pour servir de refuges. Ces caves de banals immeubles résidentiels permettent aux habitants de trouver un abri rapidement en cas d’alerte.28 Il faut imaginer des caves d’immeubles renforcées par des madriers de bois ou de métal afin que, si le bâtiment au-dessus s’effondre, la cave puisse résister.29 Certaines de ces caves ont été rendues étanches par la mise en place de soupiraux avec joints en caoutchouc et rideaux en amiante. 30

Les tranchées-abris constituent aussi un type très courant à Paris, construites en nombre sous la plupart des parcs et esplanades. Elles sont composées de galeries souterraines en zigzag pour couper l’onde de choc en cas de bombe si une bombe tombait dans la tranchée. 31 Elles font environ 2 m de haut sur 1,50 m de large et sont peu profondes. Elles sont construites à la chaîne, essentiellement pour mettre les populations à l’abri des éclats et des effondrements. 32 Elles avaient leurs limites : elles ne pouvaient pas résister à des frappes directes, même de petit calibre. 33 Cela s’est tragiquement traduit lors des bombardements de La Chapelle en 1944, lorsqu’une bombe a frappé directement une tranchée-abri, faisant une centaine de victimes. 34

Stations de métro35. En cas d’alerte, le métro est arrêté. Lors de la Seconde Guerre mondiale, 62 stations de métro sont considérées comme refuges ; les autres ne sont soit pas assez profondes, soit trop proches d’un ouvrage pouvant les inonder en cas d’explosion (collecteurs d’égout souterrains, canal Saint-Martin, Seine).36 Deux stations de métro sont équipées dès 1935 de systèmes de filtration d’air et de grandes portes bloquant les tunnels pour se protéger contre les gaz : Place des Fêtes, en raison de sa profondeur, et Maison-Blanche, notamment pour répondre à des accusations de favoritisme envers les quartiers aisés.37 Le métro devient un refuge pour des milliers de personnes. La possibilité de rendre certaines lignes entièrement étanches et en surpression grâce à des sas maintenant la surpression aux entrées de station et à des portes blindées fermant les raccords avec les autres lignes ou des galeries techniques est étudiée. 38 Les travaux d’étanchéification de la ligne 3 est terminée à la fin de la guerre. 39

Carrières souterraines. Le vaste réseau de carrières sous Paris offre également une protection naturelle contre les bombardements. Des portions entières sont aménagées en abris collectifs40, parfois en partant d’escaliers préexistants, comme celui des Feuillantines, parfois en en construisant de nouveaux, comme par exemple sous l’hôpital Sainte-Anne, d’où descendaient Suttel et Talairach41, auteurs d’un célèbre plan des souterrains. D’autres lieux souterrains anthropiques datant d’avant la guerre ont pu servir d’abris : d’anciens aqueducs 42 et des galeries techniques pneumatiques, par exemple. 43

Abris étanches au gaz bétonnés, pour les civils. Bien que les masques à gaz devaient légalement être portés en permanence, certaines personnes ne pouvaient évidemment pas le faire. Chaque îlot devait donc disposer de son abri anti-gaz pour les civils. Dans les îlots, notamment ceux comprenant des écoles primaires et maternelles, la mairie a construit des abris à l’épreuve de bombes de petit et moyen calibres et, surtout, étanches aux gaz. La plupart du temps, il s’agissait d’abris similaires, de 40 à 90 m² 44, sous des cours ou des bâtiments, comprenant entre deux et trois salles. Lors de constructions nouvelles, on prévoyait un abri dans les sous-sols directement45 ; ceux-là prenaient alors des formes plus diverses, souvent mieux renforcées et plus grandes. Le plus grand abri public parisiens pouvait accueillir 1500 personnes. 46 En banlieue, la situation est plus disparate : certaines communes font de même, avec, pour le plus grand, un abri de 1 000 places divisé en plusieurs alvéoles.47 Certaines communes refusent de financer la construction de ces abris par antimilitarisme. 48

bunker sous paris datant de la seconde guerre mondiale  construit par la defense passive
bancs dans un abri antigaz dédié aux civils

Les postes de secours sanitaires. Les postes de secours sanitaires étaient des hôpitaux entièrement étanches aux gaz, spécialisés dans le traitement des blessés et des asphyxiés par gaz de combat. Souvent situés dans les souterrains de bâtiments publics ou administratifs, parfois en surface. 49 À Paris, une quinzaine de ces postes souterrains étaient répartis dans la ville ; il faut en compter un par ville de banlieue.50 Certains étaient même équipés de salles d’opération, permettant de réaliser des interventions chirurgicales en cas de besoin.51 Le processus de prise en charge des blessés dans ces postes était organisé pour éviter toute contamination de l’intérieur de l’abri. Les personnes exposées aux gaz devaient se doucher avant d’être dirigées vers des salles spécifiques en fonction de leur affection.52 Deux hôpitaux Z destiné à l’évacuation de blessés53 ont aussi pu être aménagé au moment de la mobilisation, à Vitry et sous l’hôpital de Créteil.54

bunker sous paris amicale abri de defense passive
asphyxiés triage blessés

Abris anti-gaz privés. Certains immeubles particuliers ont financé la construction d’abris privés pour leurs propres habitants. Des particuliers à titre personnel également : par exemple, Louis Renault avait un grand abri étanche aux gaz dans son jardin du 16e arrondissement. 55 Notons qu’il était également courant que certaines entreprises aient leurs propres abris étanches, parfois pour rassurer le public, comme certains hôtels de luxe.56 Et même un, existant toujours, sous un couvent. 57

Parfois, par obligation légale de mise à l’abri du personnel : ainsi cet abri à la forme étonnante, dans une sucrerie près de Meaux.58 D’autres ont fait le choix d’aménager leurs abris en carrière, en raison de la proximité de celles-ci ; par exemple, l’usine Renault dans la carrière de Brimborion.

Abris pour personnel essentiel

Cela m’amène à évoquer la mise à l’abri du personnel essentiel ou des dirigeants administratifs du pays. Les entreprises classées en catégorie 1, qui devaient assurer la continuité des services essentiels de la nation même après un bombardement (armement, assurances59, banques, compagnies d’électricité, d’eau et de gaz), avaient l’obligation de disposer d’abris étanches pour sauvegarder leur personnel essentiel. À titre d’exemple, on peut citer les abris sous les sous-stations de la Compagnie parisienne de distribution d’électricité : au nombre de 34 à Paris, la moitié est équipée de matériel de ventilation.60 L’ancêtre de la RATP construit aussi des abris étanches sous ses centres bus pour sauvegarder un personnel ô combien utile en cas de besoin d’évacuation rapide de la capitale. 61 62

Uncentral PTT protégé souterrain est également mis en service. (St Amand63 )

Il fallait également pouvoir détecter les gaz, déblayer et nettoyer les rues après les bombardements : on crée donc des postes de désinfection et de déblaiement, appelés service Z, qui disposent d’abris capables de résister à des frappes directes.64 Ce service utilisait, à la place du masque à gaz conventionnel, de rares respirateurs en circuit fermé, ce qui témoigne encore plus de son importance. 65

Évidemment, il fallait pouvoir sauvegarder le personnel dirigeant du secteur public et les services de l’État des bombes, et continuer à commander en période de crise, éventuellement même sous un nuage de gaz. On a donc construit des postes de commandement sous les lieux essentiels à la bonne marche du pays : par exemple, chaque gare parisienne66 avait son abri pour permettre la continuité de la gestion des trains67 ; la Préfecture, la mairie, les services techniques de la Ville (pour lesquels a été construit l’abri étanche en carrière place Denfert-Rochereau, qui servit quelques jours au commandant Rol-Tanguy lors de la Libération68). La CMP, autre ancêtre de la RATP, possédait un poste de commandement étonnant, peut-être le plus grand de Paris, puisqu’il reprenait une ancienne boucle du métro abandonnée lors du prolongement de la ligne 3, intégralement étanchéifié, et avec la possibilité de garer un train dans un des sas donnant sur les voies.69 Évidemment, le Sénat, l’Assemblée, l’Élysée, et ministères en possédaient également sous leurs cours ou leurs jardins. Ceux-ci disposaient d’un poste téléphonique et d’une usine avec générateur électrique, parfois d’un puits à eau70 et, à de rares occasions, d’une infirmerie. 71

Évidemment, les différentes catégories d’abris évoluent, et leurs frontières peuvent devenir plus ou moins poreuses selon l’époque ou les besoins. Par exemple, l’abri civil en carrière de la rue des Feuillantines, destiné aux élèves des écoles voisines, devient par la suite l’abri de Pierre Laval.72 Le témoignage d’une personne âgée, invérifiable malheureusement, indique qu’à certaines occasions certains anciens PC pouvaient être ouverts au public, comme celui du ministère de la Santé. Autre exemple frappant : l’abri des services techniques se trouve en carrière plutôt que sous dalle pour des raisons d’économie. 73

Les techniques de construction des abris sont réglementées selon le type de bombes auxquelles on souhaite que l’abri résiste. Plus l’abri est important, mieux il est financé et plus la dalle est épaisse.74 On ferme les accès avec un sas pour laisser d’éventuels retardataires entrer sans polluer l’abri. Pour les abris étanches, des dispositifs de ventilation et des filtres fournissent de l’air pur aux occupants. Ceux-ci sont mus par la force humaine grâce à des cyclo-ventilateurs : sorte de vélo relié à une soufflerie qui fait passer l’air dans un filtre. Parfois, ils fonctionnent systématiquement, parfois uniquement lorsque l’électricité est coupée. Ils peuvent être reliés à une dynamo (configuration surtout observée dans certains ministères). L’objectif est de garantir que, même en cas d’attaque chimique, les civils puissent survivre dans ces espaces confinés.75 L’herméticité est assurée par des sas constitués, au mieux, de portes anti-souffle et anti-gaz, ou, au pire, de rideaux cirés.76

Sans pouvoir en connaitre le nombre exact, certaines entreprises privées n’ayant laissé d’archives, on peut parler de plusieurs centaines d’abris anti-gaz en Ile-de-France. 77

Citons aussi deux abris gérés par les PTT, destinés uniquement à lancer les alertes sonores, les sirènes étant gérées par cette administration : l’un sous le 4e arrondissement pour les sirènes parisiennes, l’autre sous le central de Bonne-Nouvelle pour les sirènes de banlieue.78 Un panneau de contrôle connecté à ces services existe aussi dans l’abri de la prefecture de police.79

Plans d’évacuation et exercices de défense civile

Les autorités ne se contentent pas de construire des abris : elles organisent également des exercices de défense civile. Les habitants de Paris sont formés à évacuer les rues et à rejoindre rapidement les abris lors des alertes. Pendant la crise de Munich en 1938, des exercices massifs sont organisés, simulant une attaque aérienne sur Paris.80 La presse relate ces simulations, et l’angoisse d’une guerre imminente gagne les esprits. Ces exercices, relayés par la presse, contribuent à préparer la population et à réduire les risques de panique en cas de véritable attaque. On crée aussi un manuel à destination des enfants, celui de Marcel Jeanjean, célèbre illustrateur de l’époque.81

Devenir des abris pendant et après la guerre (1939-20..)

En 1939, les Parisiens descendent dans les abris pour la première fois. Les premiers bombardements sont rares, mais les alertes sont fréquentes, et les Parisiens apprennent à se protéger. À partir de 1943, alors que les Alliés bombardent la région parisienne pour détruire les nœuds ferroviaires et les usines stratégiques qui fournissent matériel et armement aux Allemands, les abris sont utilisés intensivement. 82 On trouve souvent des traces précieuses de cette époque, avec des dates d’alertes sur les murs ; en voici un exemple remarquable dans une cave boulevard Diderot et une du 7e. Le dernier bombardement sur Paris fut allemand et eut lieu la nuit du 26 août 1944 ; il détruisit entièrement 431 immeubles et tua 189 personnes.83 Il n’y eut, fort heureusement, aucun bombardement aérochimique lors de la Seconde Guerre mondiale.

Je fais un aparté hors de la défense passive française : les abris allemands. Pendant la guerre, les Allemands réutilisent des abris préexistants, par exemple l’abri de la DAT de 1932, qui fut l’un des premiers lieux pris pour des raisons stratégiques. Puis ils en créent de nouveaux. On trouve nombre d’inscriptions en allemand dans les abris situés dans les anciennes carrières. Par exemple, le lycée Montaigne et ses dessous ont été réquisitionnés par la Luftwaffe comporte des indication fléchée de l’époque.84 La Kommandantur construit derrière l’hôtel Majestic, à deux pas de l’Arc de triomphe, un blockhaus de quatre étages, qui ne sera démoli que dans les années 1970 à grand renfort d’explosifs.85
Les Allemands disposaient d’une organisation spécifiquement dédiée à la construction d’abris militaires ; ils étaient faits sur des plans standardisés (regelbau) par l’Organisation Todt.86 Ainsi retrouve-t-on des blockhaus à Saint-Germain ou sur les pistes de l’aéroport du Bourget précisément identiques à des blockhaus construits en Norvège ou sur la côte normande. 87 À la différence des abris français, ils étaient dotés de mitrailleuses dans les créneaux à l’entrée, braquées sur les portes, dans un but de défense.

Après la guerre, les abris civils n’ayant plus d’utilité directe ont tendance à être abandonnés et parfois pillés ; les caves reviennent à leur fonction première et sont redivisées pour les habitants ou servent de stockage ; les tranchées-abris sont rebouchées88 ou fermée par des plaques pour éviter les intrusions et dépots d’ordure89 ou démolie pour empêcher un éventuel effondrement.90 Certains postes de commandement, n’ayant plus de fonction, sont oubliés en attendant un prochain conflit.

Les abris atomiques

En 1954, la Préfecture de police commande un état des lieux des abris parisiens étanches encore existants et une estimation du coût de leur remise en état : la crainte d’une guerre nucléaire a remplacé celle des bombardements classiques.91 Certains abris de la Seconde Guerre mondiale sont restaurés et réutilisés par l’administration, comme celui du Laboratoire central des ponts et chaussées, boulevard Lefebvre, construit au niveau des carrières en 1937 puis agrandi et réutilisé à partir des années 60.92 Comment ne pas citer l’abri de l’Élysée, devenu un abri atomique sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, connu sous le nom de PC Jupiter.93

On construit quelques nouveaux abris pour les civils sous des parcs et des jardins de résidences dans les années 1950 : sortes de tranchées-abris préfabriquées et plus profondes. On en retrouve quelques-uns à Paris et en banlieue, une dizaine à Lyon aussi.94 Ces abris atomiques sont construits selon des normes strictes, avec des murs capables de résister aux ondes de choc, trois portes au lieu de deux pour résister à la dépression atmosphérique créée par une bombe A, et des systèmes de filtration contre les retombées radioactives. Mais le coût de ces infrastructures est tel qu’ils ne sont pas généralisés. Ce programme de tranchées-abris fut probablement arrêté parce que la France fit le choix de privilégier la dissuasion nucléaire.95 En effet, nous nous sommes dotés de l’arme atomique dès 1960. Bien qu’il y ait eu des recensement en 1972 de batiment pouvant servir d’abri96 l’État n’a plus pris en charge la construction de grands abris civils, à quelques étonnantes exceptions près, notamment deux abris pour plusieurs milliers de personnes construits en 1990, pourtant à la fin de la Guerre froide, dans des parkings à Grenoble.97 Un abri pour les membres de la protection civile existe également. Des abris AA privés existent toutefois, comme sous une tour de La Défense98, qui peut accueillir 40 personnes, ou pour ADP sous l’aéroport Charles-de-Gaulle. Un abri fut projeté aux Halles dans les années 197099, mais ne fut jamais créé. 100

En revanche, des administrations ont construit des abris, souvent camouflés lors de la construction d’un parking. Citons par exemple le Sénat, immédiatement proche de l’abri de la présidence datant de 1937, ou l’Assemblée sous une annexe (photo de la construction en 1972 101 ci dessous, à droite un autre abri de 1936102 converti aux normes atomiques puis désaffecté dans les années 2010103). Lors du déplacement du ministère des Finances du Louvre à Bercy dans les années 1980, un grand abri de commandement neuf a été construit ; il est encore en état pour les situations de crise et contient notamment des vivres et des sacs mortuaires avec de la chaux.104

Je fais une brève ouverture sur ce qui se fait ailleurs : Paris est loin d’être la seule ville de France à avoir eu un programme de défense passive suite à la loi de 1935. Même si les politiques furent parfois différentes selon les villes, par exemple, le maire de Saint-Étienne expliquait qu’il ne construirait pas d’abris anti-gaz tant que la population entière n’aurait pas assez d’abris anti-bombes, la mairie de Saint-Étienne possède pourtant un abri étanche.105 Brest a construit de grands abris en tunnel avec d’immenses portes. L’un d’eux a d’ailleurs tragiquement explosé à cause d’une erreur humaine, aggravée par le fait que les Allemands y stockaient des munitions contre toute logique et tout principe humanitaire, causant la mort de 371 Français et de 500 à 600 Allemands. 106

D’autres pays européens ont eu leurs propres systèmes dans les années 1930 : citons évidemment l’Allemagne, qui a construit d’immenses forteresses à la fois (tours de DCA et abris pour les civils)107 et de nombreux abris souterrains. Ailleurs, on peut mentionner les gigantesques abris sous Prague et sous la montagne de Brno, en République tchèque. (Aparté historique : la Tchéquie possédait sa propre « ligne Maginot108 », avec un système de forts d’artillerie et d’infanterie très similaires.) Les politiques de création et de maintien des abris atomiques après la guerre ont beaucoup différé selon les États ; notons qu’en France on ne pourrait abriter qu’un peu plus de zéro pour cent de la population dans des abris prévus à cet effet, alors qu’en Suisse la capacité théorique dépasse 100 % en raison de lois obligeant encore la création d’abris lors de constructions neuves. La Norvège possède aussi de grands abris dans ses villes sous ses collines, pour accueillir 40 % de la population ; ils servent actuellement de parkings. En RDA, RFA et URSS, on recense également de nombreux abris AA. Sans même évoquer les abris de continuité du gouvernement, la plupart des pays d’Europe en possèdent. 109

Héritage mémoriel et patrimonial des abris parisiens

Revenons chez nous : ces lieux constituent un héritage patrimonial important, dont nous n’avons souvent pas conscience, aucune recherche globale n’ayant été publiée sur ce sujet, et un témoignage essentiel pour mieux comprendre la fin des années 1930.
Parfois, le petit patrimoine (graffitis et témoignages en cave) disparaît sous des coups de peinture mal avisés. Ou bien, lors de démantèlements ou de restructurations des sous-sols, aucun relevé ni sauvegarde photographique n’est effectué pour les archives.

amicale des abris de defense passive abri souterrain bunker
abri de defense passive dans une galerie

Il arrive aussi que de grands abris de commandement soient détruits sans qu’aucune photo n’ait pu être prise à l’intérieur par des historiens ou des passionnés. Par exemple, très récemment, cette année, le poste de commandement souterrain du ministère de la Guerre110, boulevard Saint-Germain, dont les bâtiments ont été vendus à un promoteur privé. Selon plusieurs témoignages concordants, il aurait compté trois étages, plus de 4 m sous plafond dans certaines salles et un poste central sur deux niveaux avec une demi-mappemonde de plusieurs mètres servant à placer les troupes sur une carte.111 Ce lieu n’ayant jamais été étudié, on peut parler d’une perte majeure pour l’histoire contemporaine française.

Il semble important de sensibiliser le public à ce patrimoine datant du siècle dernier : en en parlant, en organisant des visites, mais aussi en le photographiant et en constituant un maximum d’archives. Je salue par exemple le travail de l’Inrap pour la cartographie de l’abri sous l’ancienne meunerie des hôpitaux de Paris, démoli depuis. Et rappelons que nous pouvons tous, à notre échelle, être responsables de ce patrimoine commun par la sensibilisation et l’archivage.112

Si cette synthèse vous a plu que vous avez une expérience sur les abris parisiens à partager n’hésitez pas à m’envoyer un message.

Martin Manouvrier

Sources et annotations :

Toutes les sources d’archives sont disponibles sur simple demande aux chercheurs. Certaines n’ont volontairement pas étés citées ou de manière parcellaire pour des raisons de préservation de ce patrimoine.

  1. PARADIS Jacques-Henry, Journal du siège de Paris. Septembre 1870 – janvier 1871, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2023.
    ↩︎
  2. Lettre-journal de Paris, Gazette des absents, n° 26, jeudi 12 janvier 1871, Paris, impr. Jouaust, p. 1.
    ↩︎
  3. Musée Carnavalet, République française / Liberté, Égalité, Fraternité / Cinquième arrondissement de Paris / (Mairie du Panthéon [sic] / Bombardement / Avis important, affiche imprimée par Imprimerie Moquet et Cie, 13 janvier 1871, inv. 2020.0.108. Musées de Paris
    ↩︎
  4. Extrait du journal l’Illustration, datant de la fin du XIX, numéro déchiré à préciser ↩︎
  5. POMMIER Christophe,« 1918 : Paris sous le feu de l’artillerie allemande », Carnet de la Sabretache, no 215, juin 2018, p. 2-5 ↩︎
  6. Ville de Paris, Département d’Histoire de l’Architecture et d’Archéologie de Paris (DHAAP), La guerre à Paris (1914-1918) dans les dossiers de la Commission du Vieux Paris, application cartographique interactive (Story Map Esri), mise en ligne le 4 octobre 2019, URL : <https://www.arcgis.com/apps/Cascade/index.html?appid=9ccc3c23516f491f93867232f2e9bac3\>. ↩︎
  7. 267 personnes ont été tuées et 602 autres ont été blessées ↩︎
  8. AUDOIN-ROUZEAU Stéphane, « Paris bombardé, 1914-1918 », dans CHASSAIGNE Philippe et LARGEAUD Jean-Marc (dir.), Villes en guerre (1914-1945), Paris, Armand Colin, 2004, p. 31-36.
    ↩︎
  9. Archives RATP, Cote 2T : Defense passive ↩︎
  10. BRUERE Paul & VOULOIR Georges. Face au péril aéro-chimique : La sécurité chez vous sans masque, sans abri. Paris : Éditions Médicis, 1936. ↩︎
  11. VAUTHIER, Lieutenant-Colonel Paul, Le danger aérien et l’avenir du pays, Berger-Levrault, Paris, 1930. ↩︎
  12. DOS SANTOS MATEUS Antoine, « Paris à l’ombre des bombardiers, la construction d’une politique nationale et départementale de défense passive à Paris pendant l’entre-deux-guerres (1919-1939) », mémoire de Master 1, Panthéon-Sorbonne, 2022 ↩︎
  13. Colonel POUDEROUX,
    commandant le regiment de sapeurs-pompiers de la Ville de Paris. L’abri collectif contre l’aerochimie. 1929 ↩︎
  14. AD75 + archives de la banque de france ↩︎
  15. AD75 D33Z/7. Circulaire d’application du 1er aout 1927 pour l’instruction du 9 août 1923 sur la protection
    de la population contre les attaques aériennes, Paris, Imprimerie Nationale, 1927. ↩︎
  16. Reportage photo contemporain sur cet abri de 350 places dans le tristement célèbre journal « Je suis Partout » ↩︎
  17. SHD GR 7 ↩︎
  18. D33Z (à tel point qu’en mai 1937, seul 10 ministère sur 17 ont un abri fonctionnel. Et certains ne sont que des caves aménagées comme Matignon) ↩︎
  19. Filtre pouvait être apparenté à une version primitive des SP36 ↩︎
  20. AN 19940500 Direction générale de la
    sûreté nationale Directive concernant la Défense Passive ↩︎
  21. Loi du 8 avril 1935 RELATIVE A L’ORGANISATION DES MESURES DE PROTECTION ET SAUVEGARDE DE LA POPULATION CIVILE
    JORF du 9 avril 1935 ↩︎
  22. AN 19940500 ↩︎
  23. APP OA ↩︎
  24. APP 0A ↩︎
  25. Les habitants avaient obligation de les prendre, sous peine d’une amende de 16 à 100frs. loi du 12 novembre 1938 ↩︎
  26. FERNANDEZ Mathieu, « Enfouir et disperser, influences militaires sur les politiques d’aménagement du Grand Paris au cours des années 1930. Origines, réalisations et postérités du plan urbain et départemental de défense passive », dans Les Panoramas historiques. Actes 2014 (1919-1944). Inventer le Grand Paris 2020.

    ↩︎
  27. AN 19940500 Direction générale de la
    sûreté nationale ↩︎
  28. Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 16 novembre 1936. Page 4016. Dès 1936 on apprend que 27256 caves ont étés recensée à Paris, et 7232 en banlieue ↩︎
  29. APP OA ↩︎
  30. Nombre d’entre eux sont encore visible dans de banales caves d’immeuble ↩︎
  31. BARIL Quentin et SAMUELIAN Nicolas, « Des vestiges méconnus de la Seconde Guerre mondiale, les tranchées-abris du programme de défense passive. Les exemples d’Olonne-sur-Mer (Vendée), Nanterre (Hauts-de-Seine) et Sauveterre-de-Guyenne (Gironde) », Revue d’archéologie contemporaine, n° 2, 2023/1, p. 145-158.

    ↩︎
  32. AD75 D33Z ↩︎
  33. Musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin, Défense passive, valeur de l’abri, affiche imprimée, Œuvre pour la Sécurité et l’Organisation des Secours (éditeur), Paris, entre 1939 et 1940, inv. 92.490. ↩︎
  34. DOS SANTOS MATEUS Antoine et THOMAS Gilles, « Ce qu’il reste des tranchées-abris de la Seconde Guerre mondiale », De Bello Collections, n° 170, septembre 2020, p. 6-12.

    ↩︎
  35. DOISNEAU Robert, Station Lamarck pendant une alerte, photographie, 1944, coll. J. Robert. Photo recadrée
    ↩︎
  36. AD75 D33Z refuge dédié à la protection civile (61 stations de métro) ↩︎
  37. DIDON Nicolas, La défense passive à la CMP et à la RATP de 1930 à 1970, dans, , Métro, dépôts, réseaux. Territoires et personnels des transports parisiens au
    XXe, MARGAIRAZ Michel (sous la direction de)
    siècle, Publications de la Sorbonne, 2002, pp. 93-104. ↩︎
  38. Karodaxo, « Les vestiges de la guerre dans le métropolitain », en ligne, s. d., consulté en septembre 2025, URL : <https://www.karodaxo.fr/linfrastructure-du-metro/les-vestiges-de-la-guerre-dans-le-metropolitain/\ ↩︎
  39. Archives de la RATP série 2T plan ↩︎
  40. APP OA plan de l’abri rue Lhomond, de l’abri rue des feuillantines etc. ↩︎
  41. Le musée d’histoire de St Anne en conservait leur plan original jusqu’au début des années 2010. Celui ci fut volé et remplacé par un facsimilé. Le musée de la libération en conserve une version parcellaire. ↩︎
  42. LAPORTE Philippe, L’Aqueduc Médicis. Quatre siècles d’histoire. Visite historique et contemporaine, Paris, OCRA, 2013. ↩︎
  43. Constations in situ dans le 4e arrondissement ↩︎
  44. APP OA Dossier d’après guerre ↩︎
  45. Constations in situ pour un grand abri d’ilot du 13e arrondissement ↩︎
  46. AD75 D33Z ↩︎
  47. Un bulletin municipal de 1935, source à préciser auprès de l’auteur ↩︎
  48. Archive municipale de St Etienne, dossier sur la DP ↩︎
  49. APHP Cote 823/FOSS/1 à 4 ↩︎
  50. AD75 D33Z compte rendu de la situation par le secrétaire permanant de la DP au secrétaire général de la PP ↩︎
  51. Plan du PSS de la mairie du XIV. Et constations de plaque émaillée dans des PSS en cave ↩︎
  52. La plaque ci bas est encore présente sous un lycée parisien ↩︎
  53. D33Z ↩︎
  54. BMO 7 12 1938 page 4255 ↩︎
  55. Plan conservé au centre d’archives
    d’architecture contemporaine fond Trezzini. Ainsi que ceux d’autres abris (Ambassade de Turquie, PSS privé des Etbs Kuhlmann à Creil, 33 rue des jeuneurs, etc.) ↩︎
  56. Citons par exemple le Bristol rue saint honoré. ↩︎
  57. D33Z références de l’entreprise de filtres EG LEAU ↩︎
  58. Les documents relatif à cet abri sont conservés par M. François Daveau ↩︎
  59. Archives Familiale BALLEYGUIER Jean-Marie. Les plans d’architectes originaux de l’abri construit au 2e sous-sol des assurances Phoenix (rajouté en 1936 dans l’immeuble art déco de 1932 du 33 rue Lafayette) appartiennent au petit-fils de l’architecte l’ayant créé. ↩︎
  60. Archives MEGE ↩︎
  61. ZUBER, Henri , Le patrimoine de la RATP, Flohic Éditions, 1996 ↩︎
  62. MANOUVRIER Martin, « Abri, centre bus », article à destination du personnel du centre bus, 1er décembre 2024.
    ↩︎
  63. BUSSIÈRE Yann, « Abri St-Amand », Unterhist, article de blog, 30 décembre 2023, en ligne, consulté en octobre 2025, URL : <https://unterhist.org/unterhist-blog/2023/12/30/abri-st-amand/\> ↩︎
  64. Tri Briand, plan des postes de désinfections du 16e et de la rue de la colonie ↩︎
  65. Le Fenzy modèle 36. Les gaz souillant le sol, les équipes de désinfections étaient équipées de tenue entièrement caoutchoutée
    ↩︎
  66. Archives de la SNCF 0216LM0061 abri de commandement pour 34 personnes sur la gare du nord ↩︎
  67. COGNASSON Patrick, Histoire de la Gare du Nord, au cœur de Paris, au carrefour de l’Europe, Paris, La Vie du Rail, 2016/2017 ↩︎
  68. Archives Nationales 672AP/42-71 papier et archives du colonel Rol Tanguy ↩︎
  69. DIDON Nicolas, La défense passive à la CMP et à la RATP de 1930 à 1970, ↩︎
  70. Ex, poste de commandement de l’ex ministère des colonies. Ou celui de l’abri de l’hôtel de ville (Plan consulté aux archives de l’AP fond Fosseyeux. En effet le PC de l’HDV était commun avec celui de l’APHP) ↩︎
  71. Public Sénat. “Les bunkers du Sénat en vidéo.” YouTube, uploaded by Public Sénat, 22 Sept. 2017, https://www.youtube.com/watch?v=Fb3l6J7pwr4. ↩︎
  72. PARNOTTE Henri, Cour intérieure de l’école des Feuillantines, au n° 74 rue Gay-Lussac, et l’un des accès à l’abri de défense passive des Feuillantines, dit « abri Laval », photographie, janvier 1945, Musée de la Libération de Paris – musée du Général Leclerc – musée Jean Moulin, Paris. ↩︎
  73. Actuel musée de la libération Rol-Tanguy, place Denfert Rochereau ↩︎
  74. AN fond F/21 la création d’un abri anti-gaz sous la cour de l’institut est considéré comme trop cher par la DP, qui demande de revoir le projet l’institut n’étant pas prioritaire. Il se contentera in fine d’un abri en cave. ↩︎
  75. Constatation in situ ↩︎
  76. Plan soumis à la Direction du génie conservés au SHD. On retrouve encore un certains nombres de ceux ci dans les abris parisiens ↩︎
  77. Le BMO du 7 décembre 1938 (page 4255) indique « 350 abris bétonnes presque tous étanches aux gaz appartenant soit aux administrations, soit aux services publics, soit aux industries ». Cependant nombre d’autres abris ont été construit après, et la municipalité a tout interêt à se montrer rassurante sur le nombre. ↩︎
  78. VERPRAET Georges, Paris capitale souterraine, Paris, Plon, 1964.
    ↩︎
  79. Préfecture de police de Paris, Les lieux secrets de la préfecture de police, numéro spécial de la revue Liaisons, Paris, La Documentation française, n° 113, 6 janvier 2016.
    ↩︎
  80. La galerie Roger-Viollet conserve un fond sur un exercice mené autour du PSS de l’école de médecine ↩︎
  81. JEANJEAN Marcel, Alerte aux avions !!! Manuel officiel élémentaire de défense passive contre les attaques aériennes, illustrations de Marcel Jeanjean, peintre du département de l’Air, [Paris], Hachette, 1940.
    ↩︎
  82. Archives PP liste des bombardements et dégâts ↩︎
  83. APP liste des bombardements ↩︎
  84. BUSSIERE Yann, « L’occupation allemande dans les catacombes de Paris », Unterhist, billet de blog, 23 juillet 2025, en ligne ↩︎
  85. « L’incendie de l’ancien blockhaus de l’armée allemande n’a pas avancé le travail des démolisseurs », Le Monde, 18 novembre 1971. ↩︎
  86. ROLF Rudi, Regelbauten – Atlantic Wall Typology, 2019, Fortress book.
    ↩︎
  87. SHD Sous-commission de classement des ouvrages militaires de l’intérieur construits pendant les hostilités. (Notons cependant quelques grossières erreurs de cette commission, comme le classement de l’abri français de l’école rue des archives)
    ↩︎
  88. APP OA autorisation de démolition ↩︎
  89. BMO 3 juillet 1948 p1141 ↩︎
  90. BMO 3 decembre 1948 p1963 ↩︎
  91. GIBRIN Charles, Atomique secours, préface de E.-G. Perrier, ancien secrétaire général de la défense passive de Paris et du département de la Seine, Paris, Charles-Lavauzelle, 1953.

    ↩︎
  92. AD75 VO12 333 permis de construire et plan ↩︎
  93. « Le PC Jupiter », 1978, vidéo, INA, ID cab95029960, [en ligne], consulté le 14 novembre 2025, URL : <https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab95029960/le-pc-jupiter\>. ↩︎
  94. Lieu à préserver ↩︎
  95. La ministre des armées rappelle cette doctrine en 2023. Olivier Paccaud, « Capacités d’abris souterrains destinés à protéger la population en cas de conflit armé nucléaire », question écrite n° 05279 à Mme la Première ministre, Journal officiel du Sénat, 16 février 2023, et réponse publiée le 25 mai 2023, en ligne, URL : <https://www.senat.fr/questions/base/2023/qSEQ230205279.html\>. ↩︎
  96. 412 JORF Débats de l’Assemblée nationale, Séance du 21 novembre 1972, p. 5 581 ↩︎
  97. SOUCHON Vincent, « Les abris antiatomiques grenoblois nous sauveront-ils du jugement dernier ? », Le Dauphiné libéré, édition Isère-Sud, 20 décembre 2012 ↩︎
  98. Caisse des Dépôts – Service des archives
    Cote 9901870001-9901870120 Colline Sud, abri anti-atomique ↩︎
  99. APP OA ↩︎
  100. « Le permis de construire du centre de commerce international est annulé », Le Monde, 24 juin 1974.

    ↩︎
  101. MATHIEU Clement, « Tous aux abris », Paris Match, rubrique « Actu / International », 07 06 2023 ↩︎
  102. SHD 3 DD ↩︎
  103. Lors du départ du ministère ↩︎
  104. THÉVENIAUD Pauline, « Bienvenue dans les bunkers de la République, ces pages d’Histoire enfouies sous les lieux de pouvoir », Le Parisien, 30 décembre 2022 ↩︎
  105. AM St Etienne ↩︎
  106. Explosion de l’abri Sadi-Carnot

    ↩︎
  107. L’association berlin unterwelten en fait régulièrement visiter une au public ↩︎
  108. La ligne Beneš dont la construction a débuté en 1935 ↩︎
  109. PACCAUD Olivier, « Capacités d’abris souterrains destinés à protéger la population en cas de conflit armé nucléaire », question écrite n° 05279 à Mme la Première ministre, Journal officiel du Sénat, 16 février 2023 (question) et 25 mai 2023 (réponse), en ligne, consulté le 14 novembre 2025, ↩︎
  110. Un abri datant des années 30 fut agrandi en 1973 et appelé Centre opérationnel des armées ou PC Maurin ↩︎
  111. Récit d’un Marin-Pompier l’ayant visité avant démolition, croisé aux témoignages des équipes de démolition ↩︎
  112. On trouve de nombreux exemples d’articles sur la redécouverte à l’occasion de travaux de tranchées-abris en très mauvais états. Mais presque aucune étude d’abris en bon état, y compris avant démolition. Les photos d’abris disponibles sont aussi rares. ↩︎

Bibliographie non-exhaustive

DUBOSQ Jean-Paul, Le Havre, 1939-1944, les abris sanitaires civils et allemands, abris de la défense passive, hôpitaux souterrains, bunkers infirmeries, Luneray, Éditions Bertout, coll. “Mémoire normande”, 1992.

THOMAS Gilles, Abris souterrains de Paris, refuges oubliés de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Parigramme, 2017. Diane Couraud

BRUERE Paul et VOULOIR Georges, Face au péril aéro-chimique, la sécurité chez vous sans masque, sans abri. Déclaration de guerre ! Sous les bombes… anticipation, Paris, Médicis, 1936.

JEANJEAN Marcel, Alerte aux avions !!! Manuel officiel élémentaire de défense passive contre les attaques aériennes, Hachette

GIBRIN Charles, Atomique secours, préface de E.-G. Perrier, ancien secrétaire général de la défense passive de Paris et du département de la Seine, Paris, Charles-Lavauzelle, 1953.

Sites Web consulté

PICARD Jean-François, Archives du chemin de fer [site web], en ligne, consulté le 14 novembre 2025, URL : <http://archivchemindefer.free.fr/index.html\>.

DUFRAISY-COURAUD Diane, Neverends – Explorations urbex, photographie et patrimoine, site web, en ligne, consulté le 14 novembre 2025, URL : <https://www.neverends.net/\>.

DUFRAISY-COURAUD Diane, « Abris de défense passive », galerie photographique, site personnel, en ligne, consultée le 14 novembre 2025, URL : <https://www.dianedufraisy.com/abris-de-defense-passive/\>.

Karodaxo.fr, site consacré au métropolitain parisien (matériel MF67 et infrastructure du métro), site web, en ligne.

Remerciements

Merci à Antoine Dos Santos Matheus, spécialiste de la question pour ses précieuses précieuses précisions et recherches sur le sujet.

Merci à Aurore M pour ses relectures.

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