Alors que les tensions montaient dans les années 1930, la ville s’est préparée pour
l’éventualité d’une guerre totale. Ces infrastructures de défense passive, souvent oubliées,
témoignent de la crainte des bombardements aériens et des attaques chimiques qui marquaient
l’Europe de l’entre-deux-guerres. 1234568
Aujourd’hui, je vous invite à plonger dans ce patrimoine méconnu. Nous explorerons
brièvement ensemble l’origine et la mise en place de la défense passive, les types d’abris
conçus pour protéger les habitants, et l’utilisation de ces abris pendant la Seconde Guerre
mondiale. Enfin, nous verrons comment la Guerre froide a modifié cette défense, avec
l’apparition des abris atomiques, et nous réfléchirons à l’héritage mémoriel de ces lieux
aujourd’hui.
(2) I. Origines dans les conflits précédents et mise en place de la défense
passive à Paris (1871-1935)
Les prémices de la défense passive :
Pour comprendre l’importance et l’intérêt de la défense passive il faut revenir aux
traumatismes laissé par le conflit précèdent
Les premiers bombardements de Paris remontent à la guerre franco-prussienne de 1870-1871.
Dès le 17 septembre 1870, Paris est encerclée par les troupes allemandes, qui entament un
siège. Malgré les difficultés, les Parisiens résistent courageusement. Face à cette résistance,
les Prussiens décident d’augmenter la pression en bombardant la ville à partir de janvier 1871
depuis les hauteurs de Châtillon et Meudon. La quasi-totalité des obus s’abat alors sur la rive
gauche, particulièrement dans le 5e arrondissement. (3)
Le maire du 5e arrondissement prend l’initiative d’organiser la solidarité en demandant aux
Parisiens de laisser leurs immeubles ouvert la nuit pour que les passants puissent se protéger,
témoignant d’une réponse de l’administration. Comme en témoigne cette affiche conservée au
musée Carnavalet
(4) La crypte du Panthéon, lieu en sous-sol privilégié par l’épaisseur de ses voutes est
également transformée en abri pour les habitants cherchant à échapper aux bombes et aux
éclats.
(5) Lors de la première guerre mondiale pour la première fois, le ciel lui-même devient une
menace : les premiers bombardements aériens frappent Paris, principalement par les zeppelins
allemands puis par des avions comme le gotha G ou les fameux Taube. (Colombe en français)
Ces attaques, bien que limitées et plutôt destinée à saper la morale des populations sans but
militaire stratégique, créent un choc profond. Les civils se retrouvent directement menacés,
loin des lignes de front, et les Parisiens réalisent que leur ville peut devenir une cible.
(6) Pire, il y a aussi en 1918 des bombardements par canon ceux-là beaucoup plus meurtriers.
En mars 1918 un obus tiré depuis le Pariser Kanonen situé en forêt de Compiègne touche la
nef de l’église st Gervais remplie car en pleine semaine sainte, détruisant plusieurs voutes et
occasionnant 91 décès.
(7) Même si les dégâts restent faibles comparés à d’autres villes européennes près des lignes
de front qui ont été entièrement rasée comme Ypres, cette première expérience de la guerre
aérienne marque les esprits. On comprend que les technologies de guerre évoluent rapidement
et que les villes devront se préparer pour affronter ces nouvelles menaces. N’imaginant pas
une guerre moderne proche de Paris il existe aucunes infrastructures particulières dédiées à la
protection des civils au début de la guerre même si évidemment dès les premiers
bombardements les parisiens se cachent dans les caves dont les entrées sont indiquées par des
panneaux abris et que certains lieux sont vites décrété comme abri. Comme par exemple une
nouveauté depuis la guerre précédente, le métro
La fin de la guerre marque donc un tournant : il devient urgent de prévoir des mesures pour
protéger les populations urbaines face à une guerre qui pourrait, désormais, frapper n’importe
où. On apprend par la presse et par le retour des combattants l’horreur et le danger des
bombardements toxiques.
(8) 2. La montée de la menace aérochimique et les théories de guerre totale
Les années 1920 et 1930 voient émerger un nouveau concept effrayant : celui de la guerre
totale aérochimique. Certains stratèges militaires théorisent que l’aviation pourrait être utilisée
pour des attaques massives sur les populations civiles, en visant à détruire leur moral mais
également, pour les capitales à détruire tout l’appareil administratif et dirigeant d’un pays.
Douhet par exemple imagine des villes entières plongées dans la terreur, sous des vagues de
bombardements et des nuages de gaz toxiques.
En France, certains médias plutôt d’extrême droite militariste relayent ces craintes. Des
publications mettent en avant la vulnérabilité de la ville face aux avions et aux gaz. Hormis
quelques initiatives privées rien n’est fait avant plusieurs années.
Comme initiative privée on peut parler de certains abris étanches créé pour des compagnies
privées qui tentent d’innover, comme près de la place de la madeleine une entreprise de
transport qui crée un abri avec des ventilations de sous-marins et un escalier remontant
jusqu’au 7e étage pour voir au-dessus de la nappe de gaz, qui est plus lourd que l’air.
Pour voir les premiers abris construit pour l’administration il faut attendre plus tard, à la
même époque que les premiers ouvrages de la ligne Maginot construit aux frontières et
également étanches. En 1932, à priori et selon l’état actuel de la recherche, on construit le
premier poste de commandement étanche aux gaz à Paris. (9) C’est un gigantesque abri sur 2
étages pour les militaires dédié à la réception des informations des postes de guet pour les
avions ennemis en banlieue et plus loin et donc la possibilité d’informer les populations.
D’ailleurs on voit que c’est un abri primitif, ses filtres ne sont pas ceux habituellement utilisé
pour les abris parisiens, celui là est du modèle des fortifications Maginot de l’est de la France.
(10)
Hitler est élu en 1933 en Allemagne.
En 1935, cette menace comme à être prise très au sérieux par l’État français, qui adopte une
loi imposant des mesures de défense passive pour protéger les civils. Cette loi marque le
début de la construction d’abris dans les grandes villes, avec Paris en priorité.
On prévoit également un plan éventuel pour une évacuation de la capitale des civils non
essentiels.
(11) 3. Organisation administrative et financement de la défense passive
La loi de 1935 confie à la préfecture de Police de Paris la responsabilité de coordonner les actions de
défense passive dans la capitale. Le secrétariat général permanent de la Défense passive s’installe
rue du cloitre notre dame sur l’ile de la cité. Cette organisation implique des investissements
conséquents pour construire et aménager des abris. À Paris, le gouvernement, la municipalité, et les
propriétaires de bâtiments doivent travailler ensemble pour répondre aux obligations de la loi.
Mais les coûts de construction sont élevés, et il devient clair que le financement de la défense
passive posera des problèmes. Les propriétaires d’immeubles sont appelés à renforcer les
caves de leurs bâtiments, mais beaucoup rechignent face aux coûts. La préfecture de Police
établit des plans pour organiser les abris publics dans les stations de métro et les carrières
souterraines, pour s’assurer que les Parisiens puissent trouver un refuge lors d’une alerte.
(12) II. Typologie et aménagement des abris de défense passive à Paris (1936
1939)
A partir de 1935, il faut distinguer plusieurs types d’abris sont mis en place pour faire face
aux menaces de bombardements. Commençons par les abris pour les civils.
Il faut comprendre que tous les abris ne pouvaient fautes de budget suffisant être anti-gaz et
que donc l’écrasante majorité des abris parisiens ne le sont pas. On a donc distribué en
nombre des masques à gaz à la population. Ils devaient légalement être systémiquement
portés sur soi systématique. Mais évidemment certaine personne ne pouvait pas porter le
masque donc chaque petit quartier se devait d’avoir son abri anti-gaz pour les civils. Paris
était subdivisé en ilot, c’est-à-dire un pâté de maison entouré de 4 rue, avec son chef d’ilot de
la défense passive chargé à la fois de vérifier l’ordre et la descente aux abris en cas d’alertes,
mais aussi en temps normal de vérifier que les lumières étaient bien calfeutrée la nuit pour
éviter d’attirer l’attention des bombardier la nuit. Chaque abri avait lui-même son propre chef
d’abri.
- (13) Caves aménagées : Environ 40 000 caves parisiennes sont renforcées pour servir
de refuges temporaires. Ces caves de banals immeubles résidentiels permettent aux
habitants de trouver un abri rapidement en cas d’alerte. Il faut imaginer des caves
d’immeubles banales, renforcée par des madriers de bois ou de métal (14) pour faire
en sorte que si le bâtiment au-dessus s’effondre la cave puisse résister. Certaines de
ces caves ont été rendue étanche par la mise en place de soupiraux avec joins en
caoutchouc et rideau en amiante. (15) - (16) Les tranchées abris sont des abris très courant à Paris, construit en nombre sous
la plupart des parcs et esplanades. Elles sont constituées de galerie souterraine en
zigzag pour couper l’onde de choc en cas de bombe dans la tranchée. Elles font 2m de
haut sur 1m50 de large et sont peu profonde. Elles sont construites à la chaine,
essentiellement pour mettre les populations à l’abri des éclats et des effondrements.
Celle-ci avaient leurs limites, en effet elle ne pouvait pas résister à des frappes directes
même de petit calibre. Cela s’est traduit par un évènement tragique lorsque le hasard a
voulu qu’une bombe frappe en tir direct dans une tranchée lors des bombardements de
la chapelle en 1944 ce qui fit une centaine de victimes. - (17) Stations de métro : En cas d’alerte le métro est arrêté, lors de la seconde guerre
62 stations de métro étaient considérées comme refuge, les autres n’étaient soit pas
assez profonde, soit trop proche d’un ouvrage pouvant les inonder en cas d’explosion
comme un collecteur d’égout souterrain, le canal sous martin et la seine évidemment.
Certaines stations de métro sont équipées de systèmes de filtration d’air et de grandes
portes bloquant les tunnels pour se protéger contre les gaz dès 1935. Place des Fêtes
en raison de sa profondeur rendant le lieu idéal et Maison Blanche pour des raisons
plus politique notamment pour contrer des accusations de favoritisme envers les
quartiers aisés. Le métro devient un refuge pour des milliers de personnes, avec des
stations spécifiquement aménagées pour l’accueil des civils. Plus tard ils étudieront la
possibilité de rendre certaines lignes entièrement étanches et en surpression. La ligne
4, particulièrement, fut équipée pour accueillir des milliers de personnes, avec une
capacité maximale estimée à 100 000 civils. Après la libération, lors de test il apparut
que c’était la viable et qu’effectivement la ligne était entièrement étanche aux gaz de
combats mais ne fut pas effective pendant la guerre. Grace a des sas contenant la
surpression aux entrées de stations, et à des portes blindées fermant les raccords avec
les autres lignes ou des galeries techniques - (18) Carrières souterraines : Le vaste réseau de carrières sous Paris offre également
une protection naturelle contre les bombardements. Des portions entières sont
aménagées en abris collectifs parfois partant d’escalier pré existant comme celui des
feuillantines parfois en construisant des neufs, comme par exemple celle sous l’hôpital
saint Anne à partir d’où descendait Suttel et Talairach auteur d’un célèbre plan des
souterrains. Elles étaient renforcées (19) et annotées pour accueillir du public et les
guider vers d’éventuelle sortie de secours, Celui-ci a malheureusement été volé et a
disparu d’ailleurs. D’autre lieux souterrains anthropique datant d’avant la guerre ont
pu servir d’abris, d’ancien aqueduc et des galeries techniques pneumatiques par
exemple. - (20) Abri étanche bétonné au gaz pour civil : Dans certains ilots à Paris, notamment
ceux comprenant des écoles primaire et maternelle. La mairie a construit des abris à
l’épreuve de bombe de petits et moyen calibre mais surtout étanche au gaz. La plupart
du temps il faut imaginer des abris similaires entre eux de 40 à 90m2 sous des cours
ou bâtiments comprenant entre 2 et 3 salles. Ou alors lors de constructions nouvelles,
on prévoit un abri dans les sous-sols directement, ceux-là prenant alors des formes
plus diverses, à souvent mieux renforcés et plus grand. En banlieue c’est plus disparate
certaines communes feront de même, avec pour le plus grand un abri de 1000 places
divisés en 20 alvéoles. Et certaines communes refuseront de financer la construction
de ces abris par antimilitarisme. - (21) Cas particulier des postes de secours sanitaire :
Les postes de secours sanitaires étaient des hôpitaux entièrement étanches aux gaz
spécialisés dans le traitement des blessés et des asphyxiés aux gaz de combat. Souvent
dans des souterrains de bâtiments public ou administratifs parfois en surface souvent
situés sous des bâtiments publics. À Paris, une quinzaine de ces postes étaient répartis
dans la ville, il faut un compter un par ville de banlieue. (22) Certains étaient même
équipés de salles d’opération, permettant de réaliser des interventions chirurgicales en
cas de besoin. (23)
Le processus de prise en charge des blessés dans ces postes de secours était
rigoureusement organisé pour éviter toute contamination. Les personnes exposées aux
gaz devaient se déshabiller et se doucher avant d’être dirigées vers des salles
spécifiques en fonction de leur pathologie. Cette organisation permettait de traiter
efficacement les différents types de blessures et d’intoxications causées par les
attaques ennemies.
Abri anti-gaz privé : Certains immeubles particuliers ont financé la construction d’abri privé
pour leurs propres habitants. Des particuliers à titre personnel également, par exemple Louis
Renault qui avait un grand abri étanche au gaz dans son jardin du 16e arrondissement.
Notons qu’il était courant aussi que certaines entreprises aient leurs propres abris étanche,
parfois pour rassurer le public comme certains hôtels luxueux. (24) Parfois par obligation de
mise à l’abri des personnels, comme dans ce celui-ci sous une entreprise de ferronnerie qui
fera plus tard de l’armement. (25) Ou celui-là avec une forme étonnante dans une sucrerie
près de Meaux. D’autres ont fait le choix d’aménager leurs abris en carrière dû à leurs
proximités avec celles-ci par exemple l’usine Renault dans la carrière brimborion
(26) Abri anti-gaz pour le personnel essentiel : ce qui m’amène à parler de la mise à l’abri
du personnel essentiel ou des dirigeants administratifs du pays. Les entreprises classées en
catégorie 1 devant assurer la continuité des services essentiels de la nation même après un
bombardement, par exemple l’armement, les assurances, les banques, les compagnies
d’électricités, eau et gaz avaient l’obligation d’avoir leurs abris étanches pour sauvegarder le
personnel essentiel. Certains d’entre vous connaissent les abris sous les sous stations de la
compagnie parisienne de distribution d’électricité par exemple qui sont au nombre de 34 à
paris dont la moitié sont équipé de matériel de ventilation pour vous donner une idée,
l’ancêtre de la RATP aussi qui construisit des abris étanches sous ses centres bus pour
sauvegarder un personnel au combien utile en cas de besoin d’évacuation rapide de la
capitale. 2 centraux PTT protégés souterrains seront également mis en service. Il fallait
pouvoir également pouvoir détecter les gaz, déblayer et nettoyer les rues après les
bombardements, on a donc créé des postes de désinfections et déblaiement ce qu’on appelait
le service Z, qui avaient leurs abris, eux capable de résister à des frappes de bombes qui
tomberaient directement dessus. Ce service avait à la place du masque à gaz conventionnel,
un rare respirateurs en circuit fermé, ça témoigne encore mieux de leurs importances.
(27) Evidemment, il fallait pouvoir sauvegarder le personnel dirigeant et les services de l’état
des bombes et pouvoir continuer à commander en période de crise, éventuellement même
sous un nuage de gaz. On a donc construit des postes de commandements sous les lieux
essentiels à la bonne marche du pays, par exemple chaque gare parisienne avait son abri pour
permettre la continuité de la gestion des trains, la préfecture (d’où était lancée les alertes),
mairie, (28) service technique essentiel comme l’abri construit en carrière place Denfert
Rochereau qui abritait à la base les services techniques de la ville de Paris avant de servir
quelques jours au commandant Rol Tanguy lors de la libération, la CMP ancêtre de la ratp
avait un poste de commandement étonnant, peut-être le plus grand Paris dans le sens où ils
reprenait une ancienne boucle du métro abandonnée lors du prolongement de la ligne 3
intégralement étanchéifiée, et avec possibilité de garer un train dans un des sas donnant sur les
rails. Evidemment, le sénat, l’assemblée, l’Elysée, tous les ministères en possédaient un aussi
sous leurs cours ou sous leurs jardins. Ceux-ci ont alors un poste téléphonique et une usine
générateur électrique, parfois un puit à eau et à de rares occasions un hôpital.
Evidemment, les différents abris évoluent, et les différentes catégories peuvent devenir plus
ou moins poreuses selon l’époque ou les besoins. Par exemple l’abri civil en carrière de la rue
des feuillantines destiné aux élèves des écoles voisines est devenu par la suite l’abri de Pierre
Laval. Ou un témoignage de personnes âgées, invérifiables malheureusement m’indiquant
qu’à certaines occasions certains anciens PC pouvaient être ouvert aux publics. (29) Un autre
exemple frappant, est l’abri des services techniques qui se trouve être en carrière, sous
l’ancien siège de l’inspection des carrières, il aurait été dommage de ne pas utiliser ces vides
2 méthodes de protection
(30) Les techniques de construction des abris sont réglementées selon le type de bombe à
laquelle on souhaite que l’abri résiste. Voici un tableau pour vous donner une idée
évidemment plus l’abri est important, mieux il est financé, plus la dalle est épaisse.
(31) On ferme les portes avec un sas pour laisser d’eventuel retardataire rentrer sans polluer
l’abri Pour les abri étanches dispositifs de ventilation et des filtres pour fournir de l’air pur aux
occupants des abris. Ceux-ci sont mu par la force humaine grâce à des cyclo-ventilateurs,
sorte de vélo relié à une soufflerie qui fait passer l’air dans un filtre. Parfois de manière
systématique parfois uniquement lorsque que l’électricité est coupée. Parfois ils sont relié à
une dynamo (32)
L’objectif est de garantir que, même en cas d’attaque chimique, les civils puissent survivre
dans ces espaces confinés. Ils deviennent hermétiques grâce à des sas constitués au mieux de
portes anti souffle et anti gaz ou au pire grâce à des rideaux cirés.
(33) 3. Plans d’évacuation et exercices de défense civile
Les autorités ne se contentent pas de construire des abris : elles organisent également des
exercices de défense civile. Les habitants de Paris sont formés à évacuer les rues et à rejoindre
rapidement les abris lors des alertes. Pendant la crise de Munich en 1938, des exercices
massifs sont organisés, simulant une attaque aérienne sur Paris. Des arrêtés sont pris pour
obturer les lumières et faire en sorte que Paris soit moins visible du ciel. La presse relate ces
simulations, et l’angoisse d’une guerre imminente gagne les esprits. Ces exercices, relayés par
la presse, contribuent à préparer la population et à réduire les risques de panique en cas de
véritable attaque. On crée aussi des manuels à destination des enfants, comme par exemple
celui-ci de Marcel Jeanjean, un célèbre illustrateur de l’époque.
(34) Abri allemand
Lors de la guerre les allemands réutilisent les abris préexistants comme le bunker de la DAT
de 1932 qui fut l’un des premiers lieux pris par les allemands pour des raisons stratégiques et
en crée de nouveau. C’est pour ça aussi qu’on trouve nombre d’inscriptions en allemands dans
les abris situés dans les anciennes carrières, par exemple le lycée Montaigne et ses dessous
ont été réquisitionné par la LW. Par exemple la kommandantur construit derrière l’hôtel
Majestic un blockhaus de 4 étages par exemple, qui ne sera démoli que dans les années 70 à
grand renfort d’explosif. (À côté de l’arc de triomphe). (35) Les allemands avaient une
organisation pour la construction d’abri, ils étaient faits sur les mêmes plans dessiné par
l’organisation Todt, un peu comme les fast-foods. Ce qui fait qu’on retrouve des blockhaus à
st germain ou à sur les pistes de l’aéroport du Bourget précisément identique à des blockhaus
construit en Norvège ou sur la cote normande. Ils étaient à la différence des abris français doté
de mitrailleuses dans les créneaux à l’entrée et braquée sur les portes.
III. des abris durant la Seconde Guerre mondiale
Parfois le petit patrimoine disparait parfois sous des coups de peintures mal avisés. Ou
alors lors de démantèlement ou restructuration des sous-sols. Voir parfois lors de dépollution
nécessaire, mais sans qu’un relevé ou une sauvegardes photo pour archives n’ait été effectuée.
Il arrive aussi que des grands abris de commandement soient détruit sans aucune photos n’ait
pu être prise à l’intérieur par des historiens ou passionnés, par exemple voici récent datant de
cette année, pour lequel je n’ai aucuns plans, le poste de commandement souterrain du
ministère de la guerre boulevard st germain. Dont les bâtiments ont été vendus à un promoteur
privé. Selon plusieurs témoignages concordants il aurait fait 3 étages, plus de 3m sous plafond
dans certaine salle et un poste central sur 2 étages avec une demi mappe monde de plusieurs
mètres servant à placer les troupes sur une cartes.
En conclusions je pense qu’il est important de sensibiliser le public à ce patrimoine datant du
siècle dernier, en parlant, en en organisant des visites, mais aussi de le photographier et en
faire un maximum d’archives et de dépouiller ceux existants pour mieux comprendre cette
période. Je salue par exemple le travail de l’inrap pour la cartographie de l’abri sous
l’ancienne meunerie des hôpitaux de Paris, démoli depuis. Certaines villes comme Berlin ou
Vienne ont des associations de la valorisation de cette période spécifiquement dédiée.
Et qu’on peut tous être à notre échelle responsable pour ce patrimoine commun par la
sensibilisation et l’archivage.
(48) Pour finir, en dehors du patrimoine laissé, il ne faut pas oublier que c’est aussi des
tragédies, des membres de la défense passive mort sous les bombes en tentant de protéger les
autres voici leur stèle commémorative juste à coté d’ici au cimetière du Montparnasse qui
compte 154 nom
Les abris durant les bombardements de 1940 à 1944
En 1939, les Parisiens descendent dans les abris pour la première fois. Les premiers
bombardements sont rares, mais les alertes sont fréquentes, et les Parisiens apprennent à se
protéger. A partir de 1943, alors que les Alliés bombardent la région parisienne pour détruire
les nœuds ferroviaires et les usines stratégiques qui fournissent matériel et armement aux
allemands, les abris sont utilisés intensivement, on trouve souvent des traces précieuses de
cette époque avec des dates d’alertes sur les murs. En voici un exemple remarquable dans une
cave bd Diderot (36) (37)
Le dernier bombardement sur Paris fut allemand et eu lieu la nuit du 26 aout 1944, qui
détruisit entièrement 431 immeubles et tua 189 personnes.
Il n’y eu au final fort heureusement aucuns bombardements aérochimiques lors de la seconde
guerre mondiale.
Après la guerre les abris ont eu tendances à être abandonné et parfois pillés, les caves
revenant à leurs fonctions première et redivisée pour les habitants ou servant de stockage, les
tranchées-abris rebouchées pour éviter les intrusions etc. Certains postes de commandement
n’ayant plus de fonction, oublié en attendant un prochain conflit.

La Guerre froide et les abris atomiques (38)
A partir de 1945, la crainte d’une guerre nucléaire remplace celle des bombardements
classiques.
En 1954, la préfecture de police commande un état des abris parisiens étanches encore
existant et une estimation du prix pour les remettre en état. Certains abris de la seconde guerre
mondiale seront restaurés et réutilisés par l’administration, comme celui de la DAT qui
gardant son rôle, avec l’ajout d’une fosse pour placer les avions sur plan selon le modèle des
abris en vigueur à l’époque ou encore celui du laboratoire central des ponts et chaussées
boulevard Lefebvre construit au niveau des carrières en 1937 réutilisé à partir de 1964 par le
secrétariat général de l’aviation civile. Et évidemment l’abri de l’Elysée devenant un abri
atomique sous la présidence de Valery Giscard d’Estaing connu sous le nom de PC Jupiter.
(39) On construit quelques nouveaux abris pour les civils sous des parcs et jardins de
résidences dans les années 50, ils sont de sortes de tranchée abris préfabriqués et plus
profonde. On en retrouve quelques un à Paris et en banlieue, une dizaine à Lyon aussi.
Ces abris atomiques sont construits selon des normes strictes, avec des murs capables de
résister aux ondes de choc, 3 portes au lieu de 2 pour résister à la dépression atmosphérique
créée par une bombe A, et des systèmes de filtration contre les retombées radioactives. Mais
le coût de ces infrastructures est tel qu’ils ne sont pas généralisés. Ce programme de tranchée
abri fut arrêté probablement car la France a fait le choix de privilégier la dissuasion nucléaire.
En effet nous nous sommes dotés de l’armes atomique dès 1960.
L’état a n’a plus pris en charge la construction d’abri civil à quelques étonnantes exceptions
près, notamment 2 abris pour plusieurs milliers de personnes construit en 1990, donc pourtant
à la fin de la guerre froide, dans des parkings à Grenoble. La protection civile avait cependant
son propre abri actif à Paris mais il semblerait qu’il soit désormais réservé au personnel de
« la zone de défense et de sécurité de Paris » chargé de gérer les secours en cas d’attaque
NRBC. Bien qu’il ne soit même pas utilisable sur le moyen terme et donc en cas de guerre
nucléaire peu utile. Il avait à la base été aménagé sous un parking en 1955, avant d’être
reconstruit dans les années 90 lors de la reconstruction du bâtiment. Un autre semblerait avoir
été construit sous les halles au début des années 70 mais il semble qu’il ne fut soit jamais
réalisé soit démoli lors de la construction de la canopée. Des abris AA privé existe également,
comme sous une tour de la défense qui peut accueillir 40 personnes ou pour ADP sous
l’aéroport Charles de Gaulle.
(40) Par contre, des administrations ont construit des abris, souvent en le camouflant lors de la
construction d’un parking, citons par exemple le sénat, immédiatement proche de l’abri de la
présidence datant de 1937. L’assemblée sous une annexe dont voici une photo de la
construction en 1972, le conseil d’état. Lors du déplacement du ministère des finances du
Louvre à Bercy en 1980, un grand abri neuf a été construit, il est encore en état pour la
situation de crises et contient notamment des vivres et des sacs mortuaires avec de la chaux.
(41) Brève ouverture sur ce qui se fait ailleurs en Europe
Paris est loin d’être la seule ville de France à avoir eu un programme de défense passive suite
à la loi de 1935. Même si les politiques étaient parfois différentes selon les villes, comme par
exemple le maire de Saint-Etienne qui expliquait qu’il ne construirait pas d’abri anti gaz que
la population entière n’aurait pas assez d’abri anti-bombes. Enfin je dis ça mais sous la mairie
de St Etienne il a pourtant un abri étanche. Ou Brest qui a construit de grands abris en tunnel
avec d’immenses portes. L’un d’eux à d’ailleurs tragiquement explosé à cause d’une erreur
humaine et aggravé par le fait que les allemands y stockaient contre toutes conventions
logique et humanitaire des munitions causant la mort de 371 français et 500 à 600 allemands.
D’autres pays européen ont eu leurs propres systèmes dans les années 30, citons évidemment
l’Allemagne qui a construit d’immense forteresses à la fois tours pour le DCA et abri pour les
civils et nombres d’abris. (42) Dans d’autres pays par exemple on peut citer les gigantesques
abris sous Prague et sous la montagne de Brno en république tchèque. Je fais un aparté
historique pour raconter une anecdote. La Tchéquie avait sa propre ligne Maginot, avec un
système de fort d’artillerie et d’infanterie très similaires.
(43) Les politiques de créations et de maintiens en état d’abris atomique après la guerre ont
beaucoup différé selon les états, mais notons qu’en France on ne pourrait abriter uniquement
un peu plus de zéro pourcent de la population dans des abris prévus à cet effet. A l’inverse la
suisse pourrait abriter 107% a cause de loi obligeant encore la création d’abris lors de
constructions neuves. La Norvège a aussi de grands abris dans ses villes sous ses collines,
pour accueillir 40% de la population, ils servent actuellement de parking. RDA RFA
beaucoup d’abris AA aussi. (44) Quant à l’URSS, doctrine communiste oblige on a tenté de
pouvoir mettre à l’abri également la quasi-totalité de la population à l’abri, et ce jusqu’à la
chute du régime. Voici par exemple l’ancien poste de commandement de la télévision de la
RSS moldave, et voici des abris construits pour les civils, certains dans le pays sont encore
actif.
Suite à la guerre en Ukraine certains états ont restauré remis en fonctionnement des abris
pourtant abandonné depuis au moins la chute du bloc soviétique. (Kolín CZ)
Passons sur les abris pour la continuité du gouvernement mais la plupart des pays d’Europe en
possède.
Héritage mémoriel et patrimonial des abris parisiens (46)
Revenons chez nous, ces lieux sont un héritage patrimonial important dont parfois nous
n’avons pas conscience et un témoignage essentiel pour mieux comprendre la fin des années
